16 Juillet
Sur l'Ile de RAIATEA, visite du marae international de Tapu- tapu- atea et
rencontre Teamie Tuareau et Romy Tavaeaeii respectivement Président et Vice président de l’association Tuihana.

 

En Polynésie, le terme "marae" désignait en principe une place, ou un espace découvert où se tenaient des activités communautaires, il désignait l'espace consacré à des activités socioreligieuses ou cérémonielles.
Le terme "marae" fut traduit par les premiers navigateurs par le mot "temple" cependant, il était bien plus qu'un centre d'activité religieux. Il était également le lieu d'une vie sociale et politique intense. Tous les gouvernements devaient avoir un marae, lieu de consultation des chefs.


Le marae indiquait une position sociale. Plus un marae était ancien et important, et plus les ayant droits étaient d'un rang élevé. Le nom du marae était toujours placé avant le nom d'un propriétaire. Il indiquait non seulement le rang mais servait de titre de propriété. Le marae était un enclos de forme rectangulaire dont les murs de pierres entouraient un "autel" (ahu).

 

Des pierres dressées servaient à la fois de reposoir aux ancêtres ou aux Dieux et de dossiers aux officiants. Plusieurs décorations cernaient l'enclos, comme les "unu" (sculptures en bois ornées de motifs géométriques).
Le marae était entouré de nombreuses constructions, tel que le "fare ia mahana", la maison des trésors sacrés (tambours, nattes, vêtements des prêtres, …), et le "fare tupapa'u", où l'on célébrait le culte des morts.

Généralement plus importants de taille et plus élaborés d'architecture, le marae national et international était réservés aux rois (ari'i). Ils étaient souvent situés sur des promontoires, hors des villages, ou à proximité du rivage, pour être accessibles des pirogues venues des districts plus éloignés. Les sacrifices humains n'avaient lieu que sur ces marae.

Teuira Henry a qualifié le marae Tapu - tapu - atea d'Opoa de marae international en raison de son rayonnement dans le monde maohi. En effet, les prêtres, les chefs guerriers s'y rendaient périodiquement, venus de tous les coins du Pacifique : Tahaa, Bora Bora, Maupiti, Rarotonga, Rotuma (Fidji), la Nouvelle-Zélande. Ces pays formaient une grande alliance politique, religieuse et économique.

Considéré comme international, il a fait l'objet de travaux de rénovation en 1994-1995 par l'association Tihuana. Aujourd'hui entièrement réaménagé, le marae de Tapu - tapu - atea est devenu un site touristique de grande importance.

Marae de Taputapuarea